Dimanche 23 janvier 2011 7 23 /01 /Jan /2011 13:00

Avant toute chose, il convient de lire cet article :

http://www.lemouvementpopulaire.fr/actualites/Les-35-heures-une-calamite-pour-l-emploi--8579.html

 

Le titre même montre de quel côté penche la balance : "calamité" mot au combien péjoratif montrant avant tout que la décision est déjà prise.

 

En effet, nous avons eu l'occasion de constater comment s'organise un "débat" dans notre société. L'UMP demande à ses adhérents d'exprimer sur leur site, leur enthousiasme, les contestations des quelques courageux opposants étant noyées dans la masse des plébicits.

 

L'exercice est formel, tout comme la construction de l'article/argumentation. En voici le processus :

 

- Dans un premier temps une question formelle (disputatio) est posée, laissant penser que le débat est ouvert. Mais, dès les premières lignes, l'opinion est dirigée vers la décision prise :  " Pour nous, les 35h ne sont ni une vache sacrée ni un dogme intouchable et la question du temps de travail n’est pas un débat idéologique." L'usage des mots "sacrée" et "dogme" renvoie au domaine religieux, mais pas n'importe lequel ; et on peut alors s'étonner car on nous parle de "vache" et "d'intouchable", sans doute un trait d'humour pour attirer le regard sur les conditions de travail dans les pays en voie de développement ! Est-ce une façon de nous mettre sur la voie de nos futures conditions de travail ? De plus, la fin de la phrase : "ce n'est pas un débat idéologique",montre bien que le débat est justement clos, car qu'est-ce donc que la Démocratie, si ce n'est un "débat idéologique" ?

 

- En fait, la réponse est déjà dans l'article et votre sagacité n'a pu passé à côté de ce fait indéniable. Mais ce qui est extrêmement intéressant c'est la façon de convaincre qui utilise notre peur de la crise. On trouve ainsi dans la même phrase," nos finances publiques" associées aux" crises grecque et irlandaise". Il n'y a aucun lien, dit comme cela, mais dans cette phrase, il est implicite que ne pas toucher aux 35 h nous entrainerait vers la faillite de notre Etat.  Mieux encore le fameux système de la soit-disant "double peine" qui implique que travailler 35 heures est une punition, non pour le salarié, mais pour le" contribuable". Ce n'est pas totalement faux dans la mesure où, la plupart des salariés à qui cela profite ne paie pas d'impôts ! Cela fait donc porter la charge sur ceux qui sont les plus aisés. De surcroît, cela arrangerait bien l'Etat actuel de pouvoir revenir sur les 35 h, dans la mesure où les actuels suppressions de postes dans la fonction publique pose aujourd'hui de vrais problèmes de continuité du service public !

 

Alors qu'on nous explique dans la première partie que les entreprises françaises bénéficient d' "allègements de charges" (notez le pluriel), on nous explique dans la deuxième partie, que malgré tout, "les entreprises françaises perdent en compétitivité". Viennent les chiffres, dont on ne sait ni d'où ils viennent, ni à quoi ils correspondent vraiment. Alors que le smic horaire brut pour le salarié est de 9 euros au 1 janvier 2011, on nous annonce un coût de main d'oeuvre horaire de 33,2 euros soit environ" 5 euros plus cher en France que dans le reste de la zone euro". D'accord, mais que compare-t-on vraiment ? Pourquoi ne pas comparer, comme le suggère la première partie de l'article le coût de la main d'oeuvre européenne par rapport à celle de l'Asie ?

 

La démarche elle-même est déductive, allant du général (ce qui nous touche le moins) vers le détail (ce qui nous touche le plus) à savoir le salarié, donc potentiellement chacun d'entre-nous. Ainsi nos salaires n'augmentent pas (référence sans doute au coup de pouce au smic au premier janvier)  et les salariés sont "sous pression". Paradoxalement cette troisième partie est très déséquilibrée par rapport aux précédentes : 20 lignes pour la première,  13 lignes pour la seconde et  8 lignes pour celle-ci. Oserait-on penser qu'en ce qui concerne les avantages pour le salarié d'une hausse de la durée du travail : l'UMP n'a rien à dire sauf quelques vagues affirmations sans démonstrations :"travaillez mieux et gagnez plus" et "échanger leur temps de travail supplémentaire contre d'autres avantages" ! Bien vague que tout cela, mais le lexique de ce paragraphe, contrairement aux deux autres est mélioratif  : "redonner" ; "mieux" ; "plus" ; "relancer" ; "négociation" ; "ouvrir" ; "perspectives" ; "pouvoir" ; "supplémentaire" ; "avantages". Autant de mots qui visent à influencer notre façon de concevoir une nouvelle réforme pour laquelle cependant, les véritables avantages ne sont mêmes pas proposés !

 

Après une quatrième partie de 6 lignes, visant d'une part à servir à  la postérité quelques phrases inoubliables et d'autre part à  montrer la véritable place que réserve le gouvernement à la question des "jeunes générations" ; dans un discours qui se perd pour revenir à la notion de travail "source d'épanouissement personnel, social..." qui n'est ni plus ni moins qu'un topos utopique impossible sans faire table rase du système actuel ; l'argumentation se délite dans un jeu de questions/réponses convenu qui vise à rejeter sur la Gauche le soit disant échec des 35 H et à rassurer les soucieux : non, vous ne travaillerez pas "autant que les Chinois", mais" 48 heures" quand même !

Par MELUSINE5 - Publié dans : ACTUALITE
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Mercredi 17 novembre 2010 3 17 /11 /Nov /2010 09:57

Difficile de ne pas faire le rapprochement entre le discours commémoratif de la mort du Général de Gaulle et le discours post remaniement que nous avons entendu hier soir !

Alors que le Général de Gaulle disait aux Français : "Je vous ai compris", notre Président dit : "je comprends". Voilà une infime nuance pensez-vous ? Que nenni ! Que pouvons-nous donc en déduire ?

Tout d'abord que notre Président s'affirme comme un héritier naturel du Général, menant en ces temps de crise ses troupes aux combats pour la grandeur de la France.

D'autre part, qu'il écoute, qu'il analyse et qu'il comprend. Mais il manque le "vous". Ce qu'il comprend est donc infiniment plus subtil. Il comprend donc que pour être réélu, il lui faut avant tout rassembler ses troupes et étouffer les dissidents. Il comprend aussi qu'il lui reste peu de temps pour placer ses amis et leur offrir l'occasion de s'enrichir encore plus sur le dos des Français. Il comprend enfin la nécessité de faire un cadeau ultime à son électorat, en supprimant l'ISF pour taxer le petit capital et élargir ainsi au plus grand nombre l'impôt. Ce faisant, il va s'en aucun doute finir de mettre en difficulté ceux qui étaient les derniers à consommer vraiment.

Cela dit, je suis absolument ravie de ce programme et ceci sans ironie aucune. En effet, qui possède un patrimoine aujourd'hui : les très riches bien sûr ; mais également certains retraités, et quelques membres de la classe moyenne, soit par capitalisation, soit par héritage. Ainsi, sous couvert d'élargir l'impôt, il s'attaque à son propre électorat. Laissons le faire.

J'ai pourtant envie de dire à notre Président que, moi aussi, je comprends.

Je comprends que dans notre société vieillissante (papyboom) il faut proposer un programme pour les "vieux" (je cite). Ainsi, après avoir travaillé sur la retraite, il convient de s'attaquer à la dépendance, à la sécurité.... Je comprends que les jeunes ne sont plus une priorité. Preuve en est du projet proposé de formation par alternance (3 semaines en entreprise, 1 semaine en cours). C'est sans compter sur la difficulté pour un jeune de suivre ce type de formation ; certes, les jeunes ayant suivi ce cursus trouvent souvent un emploi, mais ils sont beaucoup en situation d'échec aussi, à ne pas réussir à ingérer les programmes généraux nécessaires à l'obtention de l'examen. Mais la véritable question n'est encore pas là, car comment motiver des jeunes aux filières professionnelles quand elles sont présentées, encore, comme la suite d'un échec scolaire, et qu'elles débouchent sur un smic à vie !

Ainsi Monsieur le Président, ce que j'ai compris hier, c'est que vous n'avez rien compris !

Par MELUSINE5
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Mardi 16 novembre 2010 2 16 /11 /Nov /2010 11:53

Qu'est-ce que vivre ? Etrange question, qu'en tant qu'adulte j'aurais dûe résoudre depuis longtemps. Où peut-être, est-ce une inévitablement récurrence. A l'insouciance de la jeunesse qui a peur de l'inéluctable s'oppose le regard sans illusion du "middle âge"  de l'humain. Quelle infâmie ! n'ai-je donc vécu que pour cela ?

 Et oui, je suis à l'âge des bilans. Certains appellent cela la "crise de la..." ! Difficile cependant de ne pas "criser" quand on fait un bilan de tout cela. J'enrage !

Nous passons notre vie à courir après des utopies véhiculées par un monde qui nous empêche de les atteindre. Notre monde est une vitrine de l'absurde qui efface notre humanité. J'étouffe des carcans acceptés et des illusions perdues !

Et avec tout cela, je ne dis rien ! Mais peut-on vraiment dire ? Alors je sais.

Je sais que mourir c'est sortir d'un corps qu'on ne veut plus, camisole d'un silence qu'on ne supporte plus.....

Alors j'espère....

Par MELUSINE5
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